A la recherche du corps.

Le corps est devenu un objet interdisciplinaire en sciences humaines et sociales. Les laboratoires, équipes de recherches, les revues, les collections, les colloques, les séminaires et thèses présentent aujourd'hui l'état du corps en France comme un sujet humain, vivant interculturel, social et psychophysiologique. Il intéresse les psychologies, les sports, les sociologies, les philosophies, les psychanalyses, les anthropologies et ethnologies, les droits, les histoires et géographies, les linguistiques, les sciences de l'éducation...
Ce livre dresse l'état des lieux de la recherche révélant ainsi les réseaux, les acteurs, les nouveaux objets qui constituent aujourd'hui le champ d'une épistémologie du corps.

Presses Universitaires de Nancy - BP 3347 - 54014 Nancy cedex
pun@univ-nancy2.fr

ISBN 2-86480-847-1

Herbert Feigl (1902-1988) est le premier membre fondateur du Cercle de Vienne émigré aux États-Unis. Son maître Moritz Schlick (1882-1936), avec qui il correspond de 1923 jusqu’en 1935, exerce une influence sur sa réflexion concernant la théorie physique dans la question du physicalisme. Le problème des fondements de la biologie et de la psychologie, au centre de l’essai de Feigl Le « physique » et le « mental » (1958) ne trouve de solution provisoire que dans les tentatives de la psychologie béhavioriste de se rapprocher d’une conception scientifique du monde.
Une nouvelle forme de langage dans le domaine du psychique est exigible. Cette nouvelle méthode de l’analyse logique définit un nouvel empirisme et un nouveau positivisme. Une nouvelle théorie de l’identité doit être construite entre les critiques de Carnap et les espoirs des neurosciences naissantes. L’autocérébroscopie, son invention du cerveau en train de se voir penser, a été le moyen pour l’empirisme de résoudre le paradoxe de la traduisibilité des énoncés concernant les objets physiques en énoncés concernant les données phénoménales.
En allant de la physique au mental, Feigl propose en philosophie un matérialisme non réductionniste qui renouvelle la traduction des énoncés et qui établit les conditions d’un cerveau conscient de son corps.
Ont collaboré à ce volume : B. Andrieu, J.-Cl. Dupont, M. Heildelberger, G. Heinzmann, S. Laugier, A. Métreux, J.-N. Missa et L. Soler

Bernard Andrieu (dir.)
Herbert Feigl
De la physique au mental
Vrin, « Analyse et philosophie ».
224 p., 13,5 × 21,5 cm.
ISBN : 2-7116-1755-6

VARIATIONS, en Musique, sont différentes manières de jouer ou de chanter un même air, en y ajoutant plusieurs notes pour orner ou figurer le chant. De quelque manière qu'on puisse changer les variations, il faut toujours qu'au-travers de toutes ces broderies on reconnaisse le fond de l'air, qu'on appelle le simple et il faut en même temps, que le caractère de chaque couplet soit marqué par des différences qui soutiennent l'attention et préviennent l'ennui.

Encyclopédie ou Dictionnaire des Sciences des Arts et des Métiers

mis en ordre et publié par M. Diderot et par M. D'Alembert

(1751-1772)

Le laboratoire du cerveau psychologique.

Le cerveau n'est pas la condition du corps. Ce serait séparer la cause avec l'effet alors que le cerveau et le corps sont indissociables. Il n'y a pas de base strictement innée à la conscience corporelle, puisque c'est la relation du corps au monde dès sa vie intra-utérine qui informe, oriente, et sélectionne les voies et les circuits nerveux. L'être humain naît avec un cerveau naturel inachevé, les cultures lui fournissent les matériaux nécessaires à sa qualification singulière. Cette neurobiologie du développement refuse de lier la conscience corporelle au seul résultat de l'activité du cerveau. La conscience corporelle prend en compte les interactions du cerveau avec les matériaux incorporés, elle peut même devenir conscience spirituelle en distinguant par les états mentaux des niveaux autonomes de cognition. Sauf à réduire l'activité cognitive du sujet humain à celle de son cerveau, le rôle du corps doit être revalorisé car il organise sous l'influence du système nerveux l'interaction avec l'
environnement.

Le somaphore. Naissance du sujet biotechnologique.

Le somaphore est, grâce aux méthodes et aux progrès de la génétique édicale et des biotechnologies, cette définition biosubjective du corps. La modification, à la différence de la trans-formation de l'apparence, crée un nouveau corps, inédit au plan de l'hérédité individuelle et au plan des pèces ; la modification réalise un désign biosubjectif de la matière. Le sujet s'incarne dans la matière même en redéfinissant la nature par l'action sur la matière première. L'équipotentialité embryonnaire, la totipotente, les greffes sont des potentialités naturelles mais que le biosujet va utiliser pour accentuer son interprétation des gènes. Une nouvelle herméneutique du corps par les gènes est née.

 

La nouvelle philosophie du corps.
(pour commander cliquez ici : http://www.edition-eres.com

Piercing, tatouage, chirurgie esthétique, valorisation du sport et des conduites à risque, exaltation de la jeunesse et refus de vieillir, mutiplication des appareils biosensoriels greffés sur le corps - écouteurs, baladeurs, portables, contraceptifs, - développement du mouvement, de la vitesse et de la glisse - ski, surf, rollers, trottinette, TGV, internet, etc. : le sujet contemporain explore les différentes manières de faire corps avec lui-même et avec les autres.

Dans une synthèse subjective entre existentialisme et psychanalyse du sujet, l'auteur analyse cette nouvelle philosophie du corps, apparue depuis les années 1990, qui conditionne notre être-au-monde.

L'interprétation des gènes.

L'éliminativisme désincarne en ne retenant du corps qu'une partie matérielle (le neurone, le gène) et en lui attribuant un déterminisme causal. L'élimination des concepts corporels s'effectue par un travail de redéfinition conceptuels en les remplaçant par des concepts neuroscientifiques, génétiques ou béhavioriste Sous les progrès combinés de la chimie des hormones, des empreintes génétiques et de la bio-psychiatrie des comportements, la force du préjugé est entretenue par la description naturaliste de l¹identité humaine que fournirait la génétique.

La chair du cerveau.

Le cerveau n'est pas un organe objectif qui serait séparé de la vie du corps, c'est-à-dire de sa constitution, de son métabolisme et de son adaptation au milieu. Vivant, le cerveau se modifie sans cesse tant dans son organisation que dans sa spécialisation. Plutôt qu'un récepteur simple, le cerveau est soumis à ses possibilités de plasticité et de réadaptation : cette mobilité des réseaux neuronaux dynamise le cerveau tant dans la qualité de ses états mentaux que dans la communication des neurotransmetteurs. Déterminé par des facteurs génétiques, au cours de son développement et dans ses régulations, le cerveau n'est pas libre : le cerveau doit trouver une homéostasie neurofonctionnelle en synthétisant la contradiction entre la part des gènes et la part de l'histoire.

Un corps à soi. Critique du masochisme. (euredit@wanadoo.fr)

Le thème de la différence hors de nous-même a souvent été compris comme un culte exacerbé de l'originalité : cette débauche expressive, pale copie du baroque, voudrait épuiser les limites de la provocation. En surlignant le trait identificatoire, la mise en scène du corps serait moderne : la mise en acte devrait suivre l'actualité du piercing ou encore du tatouage. La démarque-remarque reste une stratégie du visible même si les fondateurs de la mise en signifiance de la peau indique pour eux l'intensité de leur chair comme origine du geste.

Le cerveau. Essai sur le corps pensant.

S'il est vrai que le cerveau et la pensée sont deux points de vue sur une ême réalité matérielle, reste à préciser comment le cerveau organise l'activité ensante ? Cette question est rendue difficile en raison de l'organisation complexe des réseaux de neurones. "Nous ne connaissons pas très bien tous les détails, précise Thomas Nagel, mais il est évident qu¹il existe des relations complexes entre ce qui se passe dans votre esprit et les processus physiques qui ont lieu dans votre cerveau. Mais tout cela est du ressort de la science, et non de la philosophie.

L'Homme naturel. La fin promise des sciences humaines.
Préface de Guy Avanzini

La naturalisation désincarne scientifiquement le corps humain en éliminant de sa constitution et de sa production tous les éléments culturels uil'auraient par interaction déterminé de telle ou telle manière. En abandonnant le corps humain aux sciences de la vie (neurosciences et génétique), les sciences humaines ont cru accéder au rang de science positive en expliquant les activités propres à l¹homme. Pourtant durant cette dispersion féconde du corps dans les sciences humaines, un autre scénario s'écrivait en parallèle dans un premier temps, puis sur le devant même de la scène des sciences humaines avec un désir de les remplacer par des sciences de l'homme naturel.

Médecin de son corps
Préface de François Dagognet

Du corps médecin au médecin de son corps, un nouveau modèle politique de la santé s'engage : non plus celui du gouvernement de la vie par le bio-ouvoir, mais celui de l'usage de son corps par les somatechnies. L'Etat peut favoriser un usage responsable de celles-ci en nationalisant la gestion des organes, du sang et des gènes. Mais l¹ironie du capital est grande car il ropose, par le biais de l'industrie pharmaceutique et des sociétés iotechnologiques, des moyens pour modifier le sens de notre existence.

La Neurophilosophie,

Nous avons soutenu notre thèse Genèse et critique de la neurophilosophie (Université Paris X). L'objet de notre thèse aura été de rétablir les conditions d'un dialogue entre la philosophie et les neurosciences, dialogue réduit au monologue réductionniste de la neurophilosophie. Mais ce néologisme a été compris par nous plus comme un résultat que comme une cause du développement des neurosciences dans le champ de la philosophie. Bien évidemment, la neurophilosophie a produit depuis 1986 un effet de regroupement des partisans des thèses éliminativistes et réductionnistes selon lesquelles les états mentaux sont réductibles à des états cérébraux. Nous faisons l'hypothèse que la production de ce néologisme est le résultat de l'histoire des relations entre philosophie et neurosciences, si bien qu'une reconstitution précise des travaux, des concepts et des paradigmes a été rendue nécessaire.

Les plaisirs de la chair, Une philosophie politique des corps.

Chacun est aujourd'hui persuadé que la liberté du corps est essentielle pour définir son identité personnelle . En Occident l'individu voudrait conserver l'intégrité et la jeunesse de son corps comme un droit imprescriptible à disposer de soi-même. Cette croyance, fondée sur une religion du corps, se fonde sur des cultes hédonistes et sur une mise en culture scientifique des éléments corporels. Le sujet se définit lui-même selon ses capacités et ses performances ; mais ces usages subjectifs singularisent le corps afin, à la fois, d'affirmer sa subjectivité et de protéger son individualité . Le sujet s¹invente en dessinant son corps en estimant se libérer de toutes les contraintes par son utilisation personnalisée des techniques.

Les Cultes du corps. Ethique et Sciences.

L'époque se livre aux cultes du corps : chacun désire faire correspondre samatière physique à l¹image psychique qu'il a de lui-même. Pour cela il met en culture son corps : body building par lequel le sujet croit pouvoir construire son corps par la maîtrise de l'effort physique ; seins siliconés et autres implants qui modifient le volume de soi-même par l'artifice d'une ligne ; amaigrissement draconien afin d'incorporer le stéréotype esthétique du corps social ; pratique effrénée des sports pour entretenir la machine sanitaire et pour rester jeune en retardant la venue de la mortŠ Le corps constitue désormais la religion du XXIe siècle prophétisée par André Malraux.

Le Corps dispersé. Une histoire du corps au XXe siècle.


La dispersion du corps est une forme de désincarnation scientifique du corpspar l'éclatement en des disciplines différentes du même objet unifié dans l'expérience subjective. La dispersion est à la fois une désincarnation épistémologique en modèles contradictoires qui sépare laphénoménologie, la psychanalyse et les sciences cognitives, et une désincarnation ontologique car le corps lui-même est dispersé en morceaux opposés (l'image du corps, le schéma corporel, la chair, le cerveau).

Dictionnaire du corps. (2006, 450 pages)

Le Dictionnaire du corps a pour but de rassembler ces travaux dans des articles et des bibliographies thématiques selon le principe de l'abécédaire. L'établissement d'un corpus international thématique, sur la base des travaux bibliographiques , révèlent la variété des thèmes étudiés qu'il ne suffit plus de regrouper sous une découpe disciplinaire. Le Dictionnaire du corps (400 articles) sollicite ceux et celles, peu importe leur discipline d'origine, qui ont mis en avant dans leurs travaux une définition d'une propriété, d'un état, d'une pratique, ou d'un modèle du corps tant individuel, social et collectif.

H. Feigl, de la physique au mental.

traduction Christine Lafon

Comment décrire le passage de la physique aux sciences cognitives? Formé aux théories de la physique quantique, le philosophe autrichien Herbert Feigl, inédit en français, premier émigré américain du Cercle de Vienne, se tourne vers les sciences de la vie pour décrire la cognition. Il espère y trouver des modèles suffisants pour interpréter les relations entre les états mentaux et les états physiques vécus par le sujet humain.

Quelle identité peut-on établir entre le cerveau et l'esprit? Discutant avec R. Carnap, B. Russell, W. Sellars et J.J. Smart, Herbert Feigl refuse de réduire l'esprit au cerveau. La pensée, devenue objet scientifique au cours du XIXe siècle, pourrait au XXIe siècle être plus précisée dans la neuro-imagerie cognitive. Ni néo-phrénologie, ni actualisation de la modularité du fonctionnement cognitif, cette philosophie d'H. Feigl, du cerveau-esprit définissait, dès 1958, une auto-cérébroscopie d'un sujet vivant.

Herbert FEIGL (1902-1988) 1er émigré du Cercle de Vienne aux Etats-Unis, professeur à l'Université du Minnesota en 1940, il y crée en 1953 le Minnesota Center for Phylosophy of Science et commence à éditer avec May Brodbeck Readings in the Philosophy of Science. En 1940, il rédige avec Wilfried Seltars, Readings in Philosophical Analysis, qui deviendra un texte standard sur l'empirisme logique. En 1958, H. Feigl rédige un article, intitulé "The "mental" and the "physical"".

Corps, peau, silences dans l'enseignement.

Le corps de l'enseignant a été et est encore un des médiateurs à privilégier dans le type de modélisation réfléchissante entre le corps enseignant et le corps enseigné. Cette médiation pourrait se réduire, comme le prône une certaine science comportementale à une succession d'attitudes stéréotypées : il est vrai qu'un certain nombre de poses cristallisées peuvent produire des effets attendus, comme la manière d'occuper l'espace de la classe ; ainsi l'espace de la classe est vécu comme le corps-classe dans lequel chaque élève retrouve sa place, ses réseaux, sa distance par rapport à la profondeur hiérarchisée du savoir. Ainsi le tableau, lieu de la démonstration collective, organise le déplacement spatial dans le corps-classe là où le livre ou les photocopies rapportent chacun à sa réflexion personnelle.

L'invention du cerveau. Anthologie des neurosciences
Préface de Georges Lanteri-Laura avec J.C. Dupont, J.N. Missa, P. Mengal, M. Renneville

Le cerveau est devenu un objet épistémologique polysémique ; retrouvant les débats des médecins, psychologues et philosophes des années 1840, les contemporains de l'expansion des neurosciences espèrent renouveler les oppositions traditionnelles : matière-esprit, maturation-développement, cerveau-pensée, innéité-apprentissage.

Oeuvres Complètes Alfred Binet (euredit@wanadoo.fr)

Le modèle en psychologie n'est plus dès lors statique ou cristallisé par la référence à une science unificatrice de tous les phénomènes. Il doit décrire le mouvement et la temporalité de la cognition à travers la sensation, la perception et l'intellection. La perspective reste l'étude de l¹homme dans sa totalité(G. Delpierre, 1958,46). Les tests mentaux ne sont que des étapes objectivant le devenir de l'intelligence. De même les objets d'étude d'A. Binet ne parviennent jamais à être synthétiser dans un modèle unique et définitif: toujours en chemin et en recherche de cohérence, A. Binet discute, comme en témoigne les comptes rendus de lecture de La revue philosophique et de l'Année psychologique et sa correspondance, la légitimité des modèles établis sans parvenir à affirmer son modèle de l'homme mental. Une des raisons de cette absence, au delà de l¹ouverture et de la gestion des nouveaux chantiers de la psychologie qu¹il aura créé, se trouve dans la temporalité du modèle recherché. Dès lors que l'homme mental est toujours en mouvement par ses interactions avec le monde sensible, l¹interprétation psychologique rend visible des coupes et des instantanés de sa dynamique cognitive et psychomotrice(E.A.Fleishman, 1957). A. Binet ne résoud pas la contradiction temps-éternité, il la maintient comme principe méthodologique sans parvenir comme Piaget, Gesell ou Wallon à une théorie du développement. Entre deux siècles, A. Binet reste exemplaire d'un de ces travaux de transition, de passage, de sélection et de fondation qui aura été nécessaire pour fonder le XXe siècle.

Car le nom d'Alfred Binet est traditionnellement (R. Martin, 1924) associé justement(M. Huteau, J. Lautrey, 1999, 19-25) à celui de Théodore Simondans
l'élaboration du premier test pour mesurer l'intelligence(Theta H. Wolf, 1969, 114-115. 212-220), sous la désignation du test Binet-Simon, dit le B.-S. Cette association aura conduit à des interprétations naturalistes du test(P. Pinnel, P. Zafiropoulos, 1983, 52 ; M. Sandro, 1974). Or Alfred Binet avait su s'inspirer de la réflexion d'H. Beaunis (H. Beaunis, 1892, 50-55) sur les questionnaires psychologiques individuels et sur les tests mis au point précédemment (O. Decroly, A. Degand, 1906.O. Decroly, P. Buyse, 1928, 9-21). A. Binet avait su critiquer avec Victor Henri en 1896 dans leur article sur " la psychologie individuelle " dans l¹Année psychologique les séries de tests sur les processus psychiques inférieurs( Ed. Claparède, 1924 mis au point en 1890 par Cattell, en 1891 par Münsterberg, puis par Bolton en 1892 et par Jastrow et Scripture en 1893. Critique en 1904 dans l¹Année Psychologique envers les travaux de J. van Bierlet sur les postulats de sa mesure de l'intelligence( R. Zazzo, 1954, 247), A. Binet veut fonder la psychologie individuelle sur l'étude des processus supérieurs. Il est vrai que la reprise américaine par Lewis Madison Terman (K.P. Hillner, 1984, 70) et H.Goddard(L. Zenderland, 1987, 63) aura détourné le test de son sens intitial (D. Hothersall, 1984, 304) pour en faire un instrument de sélection et d'élitisme. Dans une approche d'épistémologie clinique (O. Martin, 1997, 23-39) A. Binet transforme plutôt le diagnostic en nombre représentant le niveau intellectuel pour faire de la mesure un instrument efficace. Cyril
Burt(1883-1971) s'inspira directement des travaux d'A. Binet(C. Burt, 1957) pour fonder ses instruments de mesure. Multiforme, l'intelligence n'est pas une faculté naturelle qui légitimerait une classification raciale.

Alfred Binet, bien qu'il soit attaché ( F.L. Bertrand, 1930) à la méthode scientifique par sa formation médicale inachevée ( L.S. Hearnshaw, 1987, 154-155) et sa thèse soutenue en sciences naturelles, ne partage pas les thèses réductionnistes : selon elles, l'intelligence se réduirait aux capacités naturelles du volume du cerveau, de la forme du crâne ou de l'organisation du développement racial ( St. Jay Gould, 1983). Refusant de considérer les retardés scolaires comme des "déchus du cerveau" ( M. Jeannerod, 1996, 177), A. Binet privilégie la notion d'âge mental. Il convient de comprendre l'étude scientifique du développement de l'enfant, moins comme une technique de dépistage et de classification de types cognitifs (F. Gauquelin, 1971), que comme un objet pour l'élaboration d'une conception d'une intelligence évolutive ( J. Lawler, 1978, 62). Le test cognitif dans l'échelle Binet-Simon prend en compte les épreuves de vie quotidienne liant ainsi l'étalonnage des normes développementales avec la mesure des modes de fonctionnements pragmatiques d'une intelligence en action (J.Bideaud,1993,163).

L'oeuvre d'Alfred Binet (8 juillet 1857-18 Octobre 1911) ressemble à celle d'un magnifique carrefour (T. Wolf, 1973, 1) : à la croisée des chemins de la médecine psychologique, de la clinique mentale, de la pédagogie scientifique (G. Avanzini, 1969, 51-65. 1997, 10-13.1999, 15-22), de l'introspection (de la Garanderie, 2000), des sciences naturelles (B. Andrieu, 1997, 83-102), de la psychologie pathologique ( R. Plas, 1994, 229-248), de la suggestion ( J.L. Cunningham, 1988. J. Carroy, 1991, 170-176), de la psychologie dramatique (A. Pierron, 1998, 9-13 ), de la criminologie (Y. Lourdais, 2000), de la psychologie de l'enfant ( E. Chapuis 1998 ; 1999 ; 2000), son oeuvre rassemble des travaux différents sans apparente ligne directrice. Alfred Binet n'apparait pas toujours comme un pionnier de la psychologie (G.A. Kumble, M. Wertheimer, C. White, 1991 ; 1996) ou comme celui de la psychologie cognitive que les historiens préfèrent référer à Helmoltz plutôt qu'à Alfred Binet ( Th. C. Meyering, 1989). Dans la généalogie de la psychologie française, A. Binet, personnalité multiple (J. Chazaud, 2000, 11) est encore présenté comme un dilettante marginal (J. Carroy, R. Plas, 1993, 610), un épigone non désillusionné de J.M. Charcot (J. Carroy, 2000b, 54-55) et comme atypique ayant eu trois carrières opportunistes sans cohérence interne ni projet synthétique ( J.F. Braunstein, E. Pewzner, 1999, 124-127). Il a travaillé auprès des maitres de la psychologie comme Th. Ribot, de la physiologie dans le laboratoire dirigé ( S. Nicolas, 1995) et fondé par Henri Beaunis (1830-1921), à l'hôpital de La Salpêtrière sous la direction de Jean-Martin Charcot ( J. Gasser, 1995, 235). Les différents hommages à Alfred Binet (E. Claparède, 1911. J. Delay, 1958. H. Pieron, 1958. P.Pichot, 1958, G.& G. Binet, 1972) soulignent la variété des modèles traversés par Binet qui rendrait impossible une synthèse. La recomposition des archives (F.Parot, 1989,144) d'Alfred Binet et de son oeuvre restait donc à entreprendre.

Voir compte-rendu sur
le site de Pierre-Henri Castel

Revue de la Socité Binet Simon : Eduquer.

Collection "Le mouvement des savoirs".

Dirigée par Bernard ANDRIEU

L'enjeu de la collection est de décrire la mobilité des Savoirs entre des sciences exactes et des sciences humaines. Cette sorte de mobilogie épistémologique privilégie plus particulièrement les déplacements de disciplines originelles vers de nouvelles disciplines. L'effet de ce déplacement produit de nouvelles synthèses. Au déplacement des savoirs correspond une nouvelle description.
Mais le thème de cette révolution épistémologique présente aussi l'avantage de décrire à la fois la continuité et la discontinuité des savoirs : un modèle scientifique n'est ni fixé à l'intérieur de la science qui l'a constitué, ni définitivement fixé dans l'histoire des modèles, ni sans modifications par rapport au effets des modèles par rapport aux autres disciplines (comme la réception critique, ou encore la concurrence des modèles). La révolution épistémologique a instaure une dynamique des savoirs.
La collection accueille des travaux d'histoire des idées et des sciences présentant les modes de communication et de constitution de savoirs innovants.

Dernières parutions :
Herbert FEIGL, Le "Mental" et le "Physique", 2002.
Bernard ANDRIEU, L'interprétation des gènes, 2002.
Hervé ETCHART, Le démon et le nombre, 2003.

Collection "Liberté j'écris ton nom"

Ce corps est-il en moi ? C'est, en tout cas, la certitude que nous avons incorporée depuis les années 60. Bien qu'elle constitue l'un des acquis de la laïcité et des luttes sociales, cette certitude peut être interrogée d'un point de vue laïque, à travers les nouvelles pratiques corporelles auxquelles nous croyons nous adonner en toute liberté. Quelles sont, dans l'esprit du sujet individuel, les parts respectives de l'illusion et de l'invention dans cette religion du corps libéré ? Quel est l'impensé de cette pensée du corps qui semble désormais la nôtre ? Tel est l'objectif central de ce livre, dans lequel le regard philosophique s'attache à ce qui relie des pratiques apparemment aussi déviantes que le SM ou le tatouage aux prescriptions du droit de l'éthique et de la politique. Réflexion abstraite ? Rien n'est moins sûr. Car la problématique ici ouverte enveloppe aussi bien les défis que le clonage, la greffe d'organes, l'euthanasie ou les soins palliatifs adressent à la pensée critique.

http://www.ulb.ac.be/cal/edl/editions/liberte/lecorpsenliberte.html

Collection " N00 Essai"

Nous avons peur de toucher et d'être touché par les autres. Notre anesthésie interdit à notre corps toute sensation : tact, caresse, attouchement, effleurement, contact, proximité... Pourtant si intouchable, chacun se précipite dans une perte de contrôle de soi, une prise de risque inconsidérée, et un défoulement violent. D'autres pratiques corporelles avec les autres nous réaprennent à toucher...

Philosophe du corps et historien du cerveau psychologique, Bernard Andrieu est Maître de Conférnece habilité, en épistémologie, à l'IUFM de Lorraine et chercheur aux Archives Pincaré, CNRS/Université de Nancy 2.

L'ouvrage d'Alfred Binet (1857-1911) et de son collaborateur Victor Henri (1872-1940) sur La fatigue intellectuelle est le premier écrit sur ce thème traité dans une perspective expérimentale. En fournissant à la pédagogie scolaire un fondement scientifique solide, les deux auteurs se sont assigné comme objectifs d'étudier : l'effet de la fatigue sur les diverses fonctions physiologiques ; et surtout les conséquences psychologiques du travail intellectuel. Ils tentent ici de préciser la notion de " surmenage intellectuel " et les conditions de sa production. D'une lecture facile, le livre de Binet et Henri renferme un grand nombre d'observations et de très intéressantes analyses de détail qu'il faut lire dans l'ouvrage même. L'ouvrage se divise en deux parties complémentaires : la première traite des effets physiologiques du travail intellectuel et la seconde des effets psychologiques dit travail intellectuel. C'est à la redécouverte de ce livre publié en 1898 et reproduit en édition fac simile que nous convions le lecteur spécialiste, qu'il soit psychologue ou pédagogue, ou simplement le lecteur curieux d'aborder le thème du surmenage intellectuel.

Alfred Binet (1857-1911) et Charles Féré (1852-1907) ont publié en 1887 un ouvrage sur le magnétisme animal qui a fait date dans l'histoire de la psychologie. En effet, c'est la première fois que la question de l'hypnose, telle qu'elle était pratiquée à la Salpêtrière, était présentée dans le contexte de recherches expérimentales. Mesmer, à la fin du siècle dernier, fut le premier qui donna une
apparence scientifique à ses expériences, et cependant le défaut de méthode, chez lui et chez beaucoup de ses continuateurs, fut cause que le magnétisme ne put arriver à conquérir sa place dans la science. Les expériences de l'école de la Salpêtrière lui ont donné cette place. La délimitation des trois états : léthargie, catalepsie, somnambulisme, et l'étude des phénomènes qui les accompagnent, ont ouvert la voie aux philosophes et aux médecins, pour l'examen des faits psychologiques et pathologiques les plus curieux. Ce livre, publié en fac-similé de l'édition originale, est l'œuvre de deux des collaborateurs les plus assidus de Charcot, qui ont pu expérimenter toutes les méthodes de magnétisme, reproduire toutes les expériences relatées par les magnétiseurs, et les soumettre à une analyse critique et sévère. Ce livre s'adresse aux psychologues, aux psychiatres, aux praticiens mais aussi aux historiens et aux étudiants, intéressés par la question du somnambulisme animal, de l'hypnose et des psychothérapies.

L'œuvre d'Alfred Binet (1857-1911) ne fut pas limitée à la psychologie, il s'est aussi intéressé aux questions philosophiques et plus particulièrement aux liens existant entre l'esprit et la matière. Précisément au moment où il élaborait son échelle métrique de l'intelligence, et où il était, semble-t-il, complètement absorbé par les travaux de la commission ministérielle, Binet conservait assez de liberté d'esprit pour se plonger au sein du problème le plus ardu de la métaphysique, à la vieille question des liens entre l'âme et le corps. L'ouvrage de Binet sur L'âme et le corps (1905) fut l'aboutissement d'une longue série de recherches et de réflexions métaphysiques. L'objet de ce livre est d'examiner, à la lumière de la psychologie expérimentale, comment doit être posé et résolu le problème de la distinction et des rapports du mental (esprit, âme) et du physique (matière, corps). Distinguer la matière et l'esprit : voilà donc le sujet du livre. - En voici la méthode : l° Poser en principe l'existence du connaissable ; 2° chercher si l'on est fondé en raison à y établir une distinction absolument fondamentale en esprit et matière ; 3° cataloguer les objets mentaux et les objets matériels en examinant à propos de chacun d'eux ce qui est matériel ou ce qui est mental.
C'est à la redécouverte de ce livre reproduit en édition fac simile que nous convions le lecteur spécialiste ou simplement curieux d'aborder un thème d'étude aujourd'hui en plein renouveau. L'ouvrage est précédé d'une longue introduction qui retrace le contexte historique et reproduit plusieurs articles de Binet sur la question de l'esprit. La lecture de ce livre constitue un véritable stimulant pour l'esprit que l'on peut continuer par celle des auteurs plus récents qui se sont intéressés au thème des rapports entre le cerveau et l'esprit.
Ce livre s'adresse aux philosophes, aux psychologues, aux savants et aux étudiants intéressés par la question des rapports entre le cerveau et l'esprit et qui recherchent un livre stimulant pour l'esprit.