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BRASSE SUR LE VENTRE 1933

G. HEBERT "Leçon-type de natation", 3e édition, Paris, Librairie Vuibert, 1933
Troisième partie : "Description détaillée des exercices composant la leçon-type"
Chapitre II : "Nages de fond ou de résistance"
1. Brasse sur le ventre : 4 phases
     

  1ère phase : POSITION DE DEPART
  • Fléchir les membres inférieurs en écartant les genoux le plus possible, les pieds bien fléchis et leur point en dehors.
  • Placer les coudes au corps et fléchir les avant-bras de façon à joindre les mains, paumes en-dessous et horizontales, à hauteur du milieu de la poitrine.

  2e phase : EFFORT D'IMPULSION
  • Allonger les bras en avant du corps, les paumes des mains toujours en dessous. Etendre en même temps les jambes dans le prolongement des cuisses en repoussant l'eau avec la plante des pieds, les pieds restant en flexion et leur pointe en dehors.
  • Rapprocher ensuite les jambes tendues jusqu'à les réunir complètement, les pointes des pieds jointes, en faisant l'extension complète et forcée des pieds.
  • Ne marquer aucun temps d'arrêt entre l'extension des jambes et la réunion des membres inférieurs.

  3e phase : TEMPS D'ARRET, BRAS ET JAMBES ALLONGES
  • Marquer un temps d'arrêt, bras et jambes bien allongés, afin de laisser le corps filer et profiter le plus possible de l'impulsion qui vient de lui être donnée par la détente et la réunion des membres inférieurs.

  4e phase : Mouvement horizontal et latéral des bras; inspiration profonde et retour des membres supérieurs et inférieurs à la position de départ
  • Etendre les bras en tournant la paume des mains en dehors le plus possible. Faire une inspiration profonde pendant le mouvement des bras (fig. 11).
  • Dès que les bras arrivent dans le prolongement de la ligne des épaules, les plier et les ramener à la position initiale, en gardant les paumes des mains bien à plat.
  • Fléchir en même temps les membres inférieurs et les ramener également à la position initiale.

  OBSERVATIONS
1°) Dans la brasse sur le ventre, la propulsion du corps en avant est due au mouvement de détente puis de réunion des membres inférieurs ainsi qu'à l'écartement latéral des bras.
L'effort d'impulsion, produit par l'extension ou la détente des jambes en poussant sur l'eau avec la plante des pieds gardés en flexion, est relativement peu considérable. L'effort le plus important est produit par le mouvement de réunion des jambes tendues.
La valeur de ce mouvement est augmentée par le mouvement d'extension des pieds qui commence aussitôt après la détente des jambes (fig.
12).

2°) La durée du temps d'arrêt qui suit l'effort d'impulsion des membres inférieurs est très variable; elle dépend essentiellement de la valeur même de cet effort.
Le mouvement des bras doit commencer au moment précis où cette impulsion décroît.
Le nageur, à mesure qu'il devient plus habile et plus expérimenté, arrive à déterminer ce moment assez exactement.

3°) Les mouvements qui déterminent la propulsion : détente et réunion des membres inférieurs, écartement latéral des bras, constituent la période active de la brasse. Ils doivent par suite être exécutés avec énergie et vigueur.*
(*en italique dans le texte)
Les autres mouvements : extension des bras en avant et retour des membres supérieurs et inférieurs à la position initiale, nuisent à la progression, car ils déterminent un léger mouvement de recul. Ils doivent être faits sans brusquerie et exécutés avec une lenteur et une souplesse relatives, par rapport aux mouvements de la période active.
4°) Il faut entre les diverses phases de la brasse : période active, préparation et temps d'arrêt, un rythme approprié. L'exécution des mouvements de préparation ne doit pas contrebalancer l'effet des mouvements de la période active.
Il est très curieux d'observer, à ce point de vue, certains débutants qui, malgré les efforts considérables qu'ils déploient pour avancer, n'en restent pas moins à la même place. Il y a, dans ce cas, égalité de l'effort déployé dans les mouvements de la période active et dans les mouvements de préparation.
5°) Au moment où va commencer l'écartement latéral des bras, le corps se trouve remonté légèrement par suite de l'effort d'impulsion des jambes, qui n'est jamais donné dans un plan parfaitement horizontal.
L'écartement des bras a pour effet de maintenir le corps suffisamment soulevé pour permettre à la tête d'émerger complètement.
C'est le moment qu'il faut choisir pour faire une profonde inspiration, d'autant plus que la vitesse du corps étant relativement plus faible pendant cette période de la brasse, la lame de refoulement produite par la tête est moins forte qu'aussitôt après l'action des jambes.
L'inspiration se fait ordinairement très vite, d'une seule "bouffée", avec la bouche ouverte.
L'expiration se fait lentement, la bouche fermée ou demi-fermée, tout le temps que dure une brassée.
6°) La tête peut être gardée constamment en extension et bien sortie de l'eau. Mais ce mouvement continu d'extension forcée devient vite fatigant.
Il est préférable, pour un long parcours, de n'étendre la tête que pour inspirer et de faire coïncider cette extension avec le mouvement d'écartement latéral des bras. Tout le reste du temps, la tête est légèrement baissée ou enfoncée dans l'eau.
7°) La propulsion, et par conséquent la vitesse obtenue, est d'autant plus considérable :
Que le corps est plus horizontal, sans toutefois que les jambes sortent de l'eau;
Que la détente et le "coup de ciseaux" se font dans une direction placée plus exactement dans le prolongement du tronc;
Que la coordination est plus parfaite;
Que les mouvements sont plus étendus et la cadence plus régulière.
8°) Si le corps est trop incliné sur l'horizontale, une partie de l'effort d'impulsion des jambes ne sert qu'à le soulever hors de l'eau au lieu de le faire progresser. Le corps avance alors par bonds au lieu de filer.
Le même phénomène se produit lorsque l'effort des jambes n'est pas donné exactement dans un plan situé dans le prolongement du tronc.
C'est pour cela qu'il est nécessaire d'envoyer, en position de départ, les genoux le plus possible dans le sens latéral, ou, si l'on veut, de ne faire la flexion des cuisses que latéralement et non en avant.



      DEFAUTS A EVITER
  • Exécuter des mouvements rapides et étriqués;
  • Décomposer les mouvements au mieu de les "lier";
  • Avoir les doigts écartés ou les mains demi-fermées;
  • Conserver les pieds en flexion (fig. 12) au lieu de les étendre pendant le mouvement de fermeture des jambes;
  • Fermer les jambes incomplètement ou les réunir sans énergie;
  • Ne pas marquer de temps d'arrêt ou marquer un temps d'arrêt insuffisant, le corps et les membres allongés, après l'effort d'impulsion;
  • Ne pas écarter les genoux en position de départ;
  • Na pas placer les jambes dans l'exact prolongement du tronc pendant leur fermeture et la durée du temps d'arrêt;
  • Enfin, exécuter avec trop d'énergie ou de raideur les mouvements autres que ceux qui déterminent la propulsion : extension des bras en avant et retour des membres inférieurs en position initiale.

      APPRENTISSAGE

Pour apprendre seul la brasse, la meilleure manière de procéder est la suivante :
Apprendre tout d'abord à exécuter très correctement les mouvements à sec*.
(*en italique dans le texte)
Ensuite, entrer dans l'eau jusqu'à la ceinture ou à la poitrine. S'exercer à faire le mouvement des jambes en se tenant avec les mains à un objet quelconque; puis de mettre debout et s'exercer au mouvement des bras.
N'essayer de se lancer que lorsque le mouvement des jambes est devenu naturel. Cette dernière condition est indispensable. La combinaison des mouvements des membres supérieurs et inférieurs se fera très facilement lorsque le mouvement des jambes sera correct.
Le premier défaut des débutants est de faire un mouvement de jambes toujours incorrect, faute d'exercices à sec suffisants ou à cause d'essais trop peu nombreux dans l'eau en se tenant avec les mains.
Les autres défauts consistent à faire avec une vitesse folle tous les mouvements; à ne pas s'allonger suffisamment dans l'eaul; enfin à respirer à n'importe quel moment, ce qui provoque la suffocation et l'absorption de grandes gorgées de liquide.

Enseignant : Marc MORIEUX
dernière mise à jour : 27/03/06
 
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